Charges de copropriété : qui paie quoi entre locataire et propriétaire ?
Le locataire paie les charges récupérables, le propriétaire les charges non récupérables.
- Charges récupérables : entretien courant et services collectifs.
- Charges non récupérables : toiture, ravalement, équipements vétustes.
- Bailleur avance les sommes, locataire rembourse via provisions.
- Bail fixe les modalités, limitées par le décret n°87-713.
- Location meublée : forfait possible, vide : régularisation annuelle.
Répartition des charges de copropriété entre locataire et propriétaire
La répartition des charges de copropriété obéit à des règles précises encadrées par la loi du 10 juillet 1965 et le décret n°87-713. Contrairement à une idée répandue, le locataire ne paie pas tout : il assume les charges courantes liées à l’usage du logement, tandis que le propriétaire conserve la responsabilité des travaux de structure et de valorisation de l’immeuble.
- Règle principale : le locataire paie uniquement les charges récupérables, c’est-à-dire les dépenses d’entretien courant et de services collectifs.
- Propriétaire : il supporte les charges non récupérables, comme la réfection de la toiture, le ravalement de façade ou le remplacement d’équipements vétustes.
- Mécanisme de remboursement : les charges récupérables sont d’abord avancées par le bailleur, qui se fait ensuite rembourser par le locataire via des provisions mensuelles ou trimestrielles.
- Distinction clé : la différence entre charges courantes (entretien, consommation) et travaux (grosses réparations, amélioration) détermine la frontière de responsabilité.
- Cadre légal : c’est le bail de location qui fixe les modalités de remboursement, mais toujours dans la limite des charges récupérables définies par la réglementation.
Cette répartition s’applique aussi bien en location vide qu’en location meublée, avec des différences de paiement : provision avec régularisation annuelle pour la première, forfait possible pour la seconde. La nature des charges générales ou spéciales influence également le mode de calcul.
Charges incombant au propriétaire : les charges non récupérables

Toutes les dépenses de copropriété ne peuvent pas être répercutées sur le locataire. Le propriétaire bailleur conserve la responsabilité financière des travaux qui participent à la conservation et à la valorisation de l’immeuble, tout comme il doit respecter un délai de préavis de 3 mois pour donner congé en location meublée. Cette distinction repose sur le principe suivant : le locataire entretient l’usage, le propriétaire assume la pérennité du bâti. Le décret n°87-713 encadre strictement cette répartition, définissant ce qui est imputable au locataire et ce qui demeure à la charge exclusive du bailleur.
Dépenses liées à la structure et aux équipements collectifs
Les charges non récupérables correspondent aux dépenses lourdes qui ne relèvent pas de l’usage quotidien. Le propriétaire assume notamment :
- Travaux de conception et construction : toute opération liée à l’origine ou à la reconstruction du bâti.
- Remplacement d’équipements obsolètes : lorsqu’une installation doit être changée et non réparée.
- Réfection de toiture et ravalement de façade : travaux d’embellissement et de maintien structurel.
- Équipements collectifs neufs : installation d’un nouveau chauffage central, pose d’un digicode ou remplacement complet des boîtes aux lettres.
- Gros entretien des parties communes : mise aux normes électriques, réfection de la dalle du parking, remplacement de la chaudière collective.
Ces dépenses, souvent liées à la vétusté ou à l’obsolescence, ne sont pas liées à l’occupation du logement. Elles sont donc à la charge du bailleur, qui doit les financer via ses revenus fonciers.
Dégradations et vétusté : la limite de responsabilité du locataire
Le locataire n’est tenu que des dégradations locatives, c’est-à-dire les détériorations survenues pendant son occupation et liées à un usage anormal. En revanche, l’usure naturelle du temps relève de la vétusté et incombe au propriétaire. Par exemple, si le revêtement du hall se dégrade avec le passage, le coût de remplacement reste au syndicat des copropriétaires, donc au bailleur. Le locataire ne paie jamais l’entretien des parties communes lourdes, ni les réparations majeures. Le propriétaire doit aussi assumer la mise en conformité de l’immeuble avec les normes de sécurité et d’accessibilité, des travaux qui ne peuvent être refacturés au locataire. Cette limite protège le locataire contre les charges exceptionnelles et lui garantit un logement en bon état d’entretien.
Charges générales et charges spéciales : les deux catégories de copropriété
Ces obligations s’inscrivent dans le cadre plus large des travaux de copropriété, dont le financement peut parfois poser problème en cas d’impayé de la part d’un copropriétaire.
La loi du 10 juillet 1965, qui définit le cadre de la copropriété, établit une distinction fondamentale entre deux types de charges, complétée depuis par la loi ALUR qui a renforcé la transparence de la gestion des copropriétés. Les charges générales concernent l’entretien, la conservation et l’administration des parties communes : elles incluent les honoraires du syndic, l’éclairage des couloirs ou encore l’entretien des espaces verts. Les charges spéciales, quant à elles, correspondent aux services collectifs et équipements communs, comme le chauffage collectif, l’eau ou l’entretien de l’ascenseur.
Cette répartition est essentielle pour comprendre qui paie quoi : les charges générales sont réparties entre tous les copropriétaires selon leurs tantièmes, tandis que les charges spéciales ne concernent que les lots qui bénéficient réellement de l’équipement. Le décret n°87-713 encadre précisément la liste des charges récupérables, qui peuvent ensuite être imputées au locataire selon les règles spécifiques à la location.
Liste des charges récupérables au locataire en copropriété
La liste des charges récupérables au locataire est strictement encadrée par le décret n°87-713, qui fixe les dépenses que le propriétaire peut vous imputer en plus du loyer. Ces charges correspondent aux frais liés à l’usage courant du logement et aux services collectifs dont vous profitez directement. Elles sont initialement payées par le propriétaire, puis refacturées au locataire.
Concrètement, les charges locatives récupérables se répartissent en plusieurs catégories, toutes listées par le décret.
- Entretien courant : ménage, éclairage et petit entretien des parties communes.
- Taxes locatives : taxe d’enlèvement des ordures ménagères, eau consommée par le logement.
- Petites réparations : remplacement d’une ampoule, réparation d’une serrure ou d’un interphone.
- Chauffage collectif : frais de combustible et de consommation d’énergie du chauffage central.
- Salaire du concierge : 75% maximum de son salaire et de ses charges peuvent être répercutés au locataire.
Bon à savoir : ces charges doivent être justifiées par le propriétaire. Il ne peut pas exiger un montant forfaitaire sans pouvoir présenter les décomptes et factures correspondants. Les dépenses liées aux grosses réparations (toiture, ravalement, ascenseur) restent quant à elles à la charge exclusive du propriétaire.
Paiement des charges : provisions, forfait et modalités
Le mode de paiement des charges locatives dépend du type de bail et des règles fixées dans le contrat de location. Deux dispositifs coexistent : la provision sur charges, qui fait l’objet d’une régularisation annuelle, et le forfait de charges, qui est une somme fixe définie à l’avance par le bailleur.
Ces modalités sont strictement encadrées afin d’éviter les abus. Dans les deux cas, les charges à payer doivent rester en lien avec les dépenses réelles de la copropriété et respecter les plafonds fixés par le décret n°87-713 pour les charges récupérables.
Paiement par provisions sur charges en location vide
Dans le cadre d’une location vide, le locataire rembourse au propriétaire les charges de copropriété par provisions mensuelles ou trimestrielles, payables en même temps que le loyer. Le montant est calculé sur la base du budget prévisionnel voté par l’assemblée générale des copropriétaires.
Ce budget prévisionnel reprend les dépenses courantes de l’immeuble : entretien des parties communes, salaire du personnel d’immeuble, consommation d’eau, etc.
Le versement d’une provision est une avance sur les charges réelles. Le propriétaire n’est pas libre de fixer le montant qu’il souhaite : il doit se référer aux dépenses de l’exercice précédent. La répartition entre les lots se fait selon les tantièmes définis par le règlement de copropriété.
Paiement par forfait de charges en location meublée
Pour une location meublée ou une colocation, le bailleur peut opter pour un forfait de charges. Il s’agit d’une somme fixe mensuelle convenue dans le bail, qui couvre l’ensemble des charges récupérables.
Le montant du forfait ne doit pas être disproportionné par rapport aux charges réelles. La loi Alur encadre ce dispositif pour protéger le locataire : si le forfait est manifestement excessif, le locataire peut demander une régularisation en apportant la preuve de l’écart.
Le bail de mobilité, d’une durée de 1 à 10 mois, impose quant à lui le paiement des charges au forfait uniquement. Cette spécificité permet de simplifier la gestion locative pour les locations de courte durée.
Régularisation annuelle des charges locatives : comment ça marche
Chaque année, le propriétaire compare les provisions que vous avez versées avec les dépenses réellement engagées par la copropriété. Cette régularisation doit intervenir au moins une fois par an. Si vous avez trop payé, le bailleur vous rembourse ; si vous n’avez pas assez versé, un complément vous est demandé.
Un mois avant cette régularisation, le bailleur doit vous communiquer le détail des décomptes et les pièces justificatives (factures, contrats). Vous disposez alors d’un délai pour vérifier que chaque montant correspond bien aux charges récupérables définies par le décret n°87-713. Passé ce délai, l’ajustement devient définitif. Cette règle protège le locataire en garantissant la transparence et l’exactitude des sommes imputées.
Calcul des charges de copropriété : tantièmes et quote-part
Le calcul des charges repose sur les tantièmes, définis par le règlement de copropriété de l’immeuble, selon la loi du 10 juillet 1965. Ces coefficients, attribués à chaque lot, déterminent la quote-part de chacun en fonction de la surface, de la situation et de l’usage des parties communes.
Les charges générales (entretien, administration) sont réparties proportionnellement aux tantièmes. Les charges spéciales (ascenseur, chauffage collectif) suivent l’utilité réelle de l’équipement pour le lot : le rez-de-chaussée peut ainsi être exonéré des frais d’ascenseur. Ce mode de calcul, encadré par le décret n°87-713, garantit une répartition juste et conforme aux besoins de chaque occupant.
