Charges locatives 2024 : liste complète, calcul et régularisation
Les charges locatives sont des dépenses d’immeuble refacturables au locataire, strictement listées par le décret de 1987.
- Liste limitative fixée par le décret n°87-713 du 26 août 1987.
- Entretien des parties communes, ascenseurs et gardien inclus.
- Eau froide, chauffage et TEOM entièrement récupérables.
- Locations vides et meublées soumises aux mêmes règles.
- Grosses réparations et honoraires de syndic non récupérables.
Liste exhaustive des charges récupérables sur le locataire
Les charges locatives récupérables sont strictement encadrées par le décret n°87-713 du 26 août 1987. Ce texte fixe une liste limitative : le propriétaire ne peut exiger le remboursement que des dépenses qui y figurent explicitement. Toute charge absente de cette liste reste à sa charge exclusive. Voici le détail des postes récupérables, classés par catégorie, pour y voir clair.
- Entretien des parties communes : nettoyage, électricité des couloirs, éclairage des halls et petites réparations courantes.
- Ascenseurs et monte-charges : contrat d’entretien, visites techniques périodiques, remplacement des câbles et produits d’entretien.
- Gardien et concierge : salaires et charges sociales des employés d’immeuble, proportionnellement à leur temps de travail.
- Eau froide et chauffage : consommation individuelle ou collective d’eau froide, eau chaude et combustible pour le chauffage collectif.
- Taxe enlèvement ordures ménagères : la TEOM correspond à la taxe foncière payée par le propriétaire pour le service public de collecte des déchets. Elle est entièrement refacturable au locataire.
- Espaces verts et extérieurs : entretien des jardins, des allées et des aires de stationnement communes.
Ce socle de base s’applique aussi bien aux locations vides qu’aux locations meublées, dans le parc privé comme dans le parc social. Attention toutefois : les charges liées aux grosses réparations, aux travaux d’amélioration ou aux honoraires de syndic ne sont pas récupérables sur le locataire. Le décret de 1987 sert donc de filtre : si un doute subsiste sur un poste de dépense, le principe reste le même seul le texte fait autorité.
Régularisation annuelle des charges locatives : mode d’emploi

Le mécanisme de la régularisation des charges
La régularisation des charges locatives est une opération obligatoire qui se déroule au moins 1 fois par an. Le propriétaire compare le total des provisions mensuelles versées par le locataire avec les dépenses réellement engagées pour l’immeuble.
Concrètement, le bailleur additionne toutes les charges récupérables de l’année écoulée (entretien des parties communes, eau froide, taxe d’enlèvement des ordures ménagères, etc.). Il soustrait ensuite ce montant des sommes déjà réglées sous forme d’acomptes. Deux situations sont alors possibles :
Si les provisions versées sont supérieures aux dépenses réelles, le propriétaire doit reverser le trop-perçu au locataire sous forme d’avoir ou de virement.
Si les provisions sont insuffisantes, le locataire doit verser la différence au propriétaire pour couvrir sa consommation réelle.
Pour que cette régularisation soit valable, le bailleur doit fournir un récapitulatif détaillé des charges, accompagné des justificatifs (factures des fournisseurs, attestations d’assurance, etc.).
Le délai de prescription et le recours du locataire
Le locataire dispose de droits précis pour contester une régularisation jugée excessive. Il a 3 ans pour réclamer le remboursement d’impayés de charges ou d’un trop-perçu. Passé ce délai, la demande n’est plus recevable.
Le propriétaire, quant à lui, doit conserver les pièces justificatives pendant 6 mois après l’envoi du récapitulatif annuel. Cette obligation protège le locataire qui souhaite vérifier l’exactitude des montants réclamés. Passé ce délai de conservation, les documents peuvent être détruits sans conséquence.
Si un désaccord persiste, le locataire peut suivre la procédure suivante :
Contestation par courrier recommandé : adressez un courrier avec accusé de réception au propriétaire ou à l’agence immobilière, en détaillant les points litigieux.
Demande de médiation : si le litige n’avance pas, la commission départementale de conciliation peut être saisie gratuitement.
Recours auprès du juge : en dernier recours, le tribunal judiciaire peut trancher le différend sous 3 ans à compter du fait générateur.
Pour faciliter votre démarche, conservez précieusement vos quittances de loyer, vos relevés de provisions et toute correspondance échangée avec votre bailleur. Ces documents constituent vos preuves en cas de contentieux.
Qu’est-ce qu’une charge locative ? Définition et cadre légal
Une charge locative, aussi appelée charge récupérable, désigne une dépense que le propriétaire paie initialement, mais que le locataire doit ensuite lui rembourser. Il s’agit des frais liés à l’usage du logement et aux services collectifs, et non à l’entretien lourd de l’immeuble.
Ce mécanisme est strictement encadré par la loi n°89-462 du 6 juillet 1989, notamment son article 23. La liste précise des charges récupérables est fixée par le décret n°87-713 du 26 août 1987. Le bailleur ne peut donc exiger que les dépenses strictement listées dans ce texte, qu’il s’agisse d’une location vide, meublée, dans le parc privé ou social.
Le principe repose sur un remboursement via des provisions mensuelles ou un forfait. Ce cadre légal protège le locataire contre tout abus, en limitant les imprévus et en imposant une transparence totale sur les montants réclamés.
Charges non récupérables : ce que le propriétaire doit payer
Toutes les dépenses liées à un logement ne sont pas forcément à la charge du locataire. La loi encadre strictement ce que le bailleur peut vous demander de rembourser. Tout ce qui ne figure pas sur la liste annexée au décret n°87-713 du 26 août 1987 est considéré comme une charge non récupérable : le propriétaire doit donc les régler sur ses propres fonds.
- Petits travaux d’entretien courant : remplacement d’une ampoule dans les parties communes, entretien de la robinetterie, petites réparations liées à l’usure normale du logement.
- Frais d’actes et de contentieux : frais de mise en demeure, honoraires d’avocat, frais de constat d’huissier lors d’un litige locatif.
- Dépenses de grosses réparations : ravalement de façade, remplacement de la chaudière, réfection de la toiture, mise aux normes électriques de l’immeuble.
- Charges de copropriété non récupérables : honoraires du syndic, frais d’assemblée générale, fonds de travaux obligatoire, travaux d’amélioration ou de mise en conformité.
- Frais de gestion locative : honoraires de l’agence immobilière, frais de rédaction du bail, frais de relance pour loyers impayés, frais de quittance.
La frontière peut parfois sembler floue entre les deux catégories. Un exemple concret : le remplacement d’un moteur d’ascenseur est une grosse réparation qui incombe au propriétaire, tandis que l’électricité consommée par cet ascenseur est une charge récupérable sur le locataire. En cas de doute, demandez au bailleur de vous préciser le fondement légal de chaque somme réclamée.
Comment payer les charges : provisions mensuelles et forfait
En location vide, le paiement des charges s’effectue via des provisions mensuelles : vous versez chaque mois un montant fixe, calculé sur la base du budget prévisionnel de la copropriété ou de la dernière régularisation annuelle. Ces avances sont ensuite comparées aux dépenses réelles, une fois par an, lors de la régularisation.
En location meublée, le bailleur peut opter pour un forfait de charges, dont le montant est fixé directement dans le contrat de location. Ce forfait couvre alors l’ensemble des charges récupérables, sans régularisation possible. Dans les deux cas, les provisions versées sont divisées sur 12 mois pour lisser les dépenses annuelles.
Si les provisions s’avèrent insuffisantes face aux dépenses réelles, le locataire verse la différence au propriétaire. À l’inverse, si elles sont trop élevées, le trop-perçu est reversé au locataire sous forme de déduction sur les loyers suivants ou de remboursement direct. Ce mécanisme garantit un équilibre entre les deux parties, tout en restant encadré par les règles du décret. Pour toute contestation, le locataire peut demander les pièces justificatives ; le bailleur dispose d’un délai de sa part pour les conserver. En cas d’impayés, le propriétaire peut réclamer les sommes dues pendant 3 ans maximum. Le mode de paiement, qu’il s’agisse de provisions ou de forfait, doit impérativement être mentionné dans le bail, sans ambiguïté.
Calcul des charges locatives : exemples chiffrés par type de bien
| Type de logement | Charges annuelles moyennes | Base de calcul |
|---|---|---|
| Studio (18 m²) | 300 à 600 € | Quote-part parties communes + TEOM |
| T2 (35 m²) | 500 à 900 € | Surface habitable + équipements collectifs |
| T3 (55 m²) | 700 à 1 200 € | Répartition selon tantièmes de copropriété |
| T4 et plus (70 m²+) | 900 à 1 500 € | Consommation réelle + charges collectives |
Pour estimer le montant des charges locatives, le propriétaire se base sur les dépenses réelles de l’immeuble et les répartit entre les occupants. Dans une même résidence, un studio paiera naturellement moins qu’un T3 : la clé de répartition repose sur la surface habitable et les tantièmes de copropriété, pas sur le nombre d’occupants.
Les postes de dépenses qui pèsent le plus dans le calcul
Le calcul des charges récupérables s’appuie sur plusieurs postes, dont le poids varie selon l’équipement de l’immeuble :
Parties communes : premier poste de dépenses électricité, nettoyage, entretien des couloirs et escaliers représentent souvent 30 à 40 % du total.
Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) : deuxième poste après les parties communes elle est calculée sur la base de la taxe foncière et peut atteindre 200 à 400 € par an selon la commune.
Eau froide : facturée au réel si le logement dispose d’un compteur individuel, sinon répartie entre tous les locataires au prorata de la surface.
Ascenseur et espaces verts : ajoutent généralement 50 à 150 € par an selon la taille de la résidence.
En location vide, ces montants sont versés sous forme de provisions mensuelles identiques, calculées sur les dépenses de l’année précédente ou le budget prévisionnel de la copropriété. Le total annuel est divisé par 12 mois pour obtenir la mensualité. Si les charges réelles dépassent les provisions, le locataire verse la différence lors de la régularisation ; dans le cas contraire, le trop-perçu lui est reversé.
Location vide ou meublée : quelles règles pour les charges ?
Le type de bail signé détermine directement la façon dont les charges locatives sont facturées. En location vide, la loi impose un recouvrement au réel via des provisions. En location meublée, le propriétaire peut opter pour un forfait de charges qui simplifie la gestion au quotidien. Dans les deux cas, le mode de paiement choisi doit être clairement mentionné dans le contrat de bail.
Charges en location vide : provisions au réel
Pour un logement loué non meublé, le propriétaire doit suivre un cadre strict :
Provisions mensuelles obligatoires : Le locataire verse chaque mois un acompte, calculé sur la base des dépenses de l’année précédente ou du budget prévisionnel de la copropriété.
Régularisation annuelle systématique : Une fois par an, le bailleur compare les provisions versées aux charges réelles. Si le locataire a trop payé, le trop-perçu lui est restitué ; en cas de sous-paiement, il doit verser la différence.
Justificatifs exigibles du bailleur : Le propriétaire doit fournir un récapitulatif détaillé des charges et conserver les pièces justificatives pendant 6 mois après l’envoi de ce document.
Ce fonctionnement au réel garantit une transparence totale, mais il impose au bailleur une obligation de suivi administratif rigoureuse.
Charges en location meublée : le forfait de charges
La location meublée bénéficie d’une souplesse supplémentaire. Le bail peut prévoir un forfait mensuel qui couvre l’ensemble des charges récupérables, au lieu d’une provision classique. Ce forfait est fixé librement dans le contrat, mais il doit rester proportionné aux dépenses réelles engagées par le propriétaire. Ce mode de paiement évite la régularisation annuelle obligatoire, même si le bailleur conserve la possibilité de revenir à un système de provisions au réel s’il le souhaite. Pour le locataire, le forfait présente l’avantage de connaître à l’avance le montant exact de ses mensualités, sans mauvaise surprise en fin d’année. Le choix entre ces deux dispositifs dépend donc du type de bien et de la stratégie de gestion du propriétaire.
