Qui paie les frais de notaire lors d’une vente immobilière ?
Dans une vente immobilière classique, c’est l’acheteur qui paie les frais de notaire.
- Règle fixée par l’article 1593 du Code civil.
- Paiement effectué le jour de la signature de l’acte authentique.
- Frais de 2 % à 8 % du prix selon l’ancien ou le neuf.
- Exception “acte en main” : c’est le vendeur qui paie.
- Les droits de mutation représentent 80 % du total dans l’ancien.
Qui paie les frais de notaire lors d’une vente immobilière ?
La règle générale : l’acquéreur est redevable
Dans le cadre d’une vente immobilière classique, c’est l’acheteur qui supporte les frais de notaire. Cette règle est inscrite à l’article 1593 du Code civil, qui précise que les frais d’actes et autres accessoires à la vente sont à la charge de l’acquéreur. Concrètement, le paiement s’effectue le jour même de la signature de l’acte authentique chez le notaire.
Le montant total varie généralement de 2 % à 8 % du prix du bien, selon sa nature. Pour un logement ancien, comptez plutôt 7 % à 8 % du prix de vente ; pour un logement neuf, les frais sont réduits à 2 % à 3 %. Cette différence s’explique principalement par le poids des taxes : les droits de mutation représentent environ 80 % du total des frais dans l’ancien.
L’exception “acte en main” : quand le vendeur paie
Il existe une exception notable : la vente dite “acte en main”. Dans cette configuration, le prix affiché inclut l’ensemble des frais, et c’est le vendeur qui prend à sa charge les frais de notaire. Cette formule est souvent utilisée pour simplifier la transaction ou lorsque le vendeur souhaite faciliter l’achat pour un acquéreur aux moyens limités.
En pratique, cette mention doit être clairement stipulée dans le compromis de vente pour éviter toute ambiguïté, dont la signature intervient généralement dans un délai de 1 à 3 semaines après l’offre. Dans ce cas, l’acheteur ne paie que le prix convenu, et le vendeur règle les frais lors de la signature. Cette situation reste néanmoins minoritaire sur le marché la grande majorité des ventes s’appuie sur la règle générale où l’acquéreur est redevable.
Décomposition des frais de notaire : droits de mutation, émoluments, débours

| Tranche de prix du bien | Taux applicable |
|---|---|
| Moins de 6 500 € | 3,870 % |
| Entre 6 501 € et 17 000 € | 1,596 % |
| Entre 17 001 € et 60 000 € | 1,064 % |
Les trois composantes des frais de notaire
Lorsque vous achetez un bien, les frais de notaire se décomposent en trois postes distincts. En moyenne, 80 % du total correspondent aux droits de mutation, c’est-à-dire aux taxes reversées à l’État et aux collectivités locales. Cette part inclut notamment la taxe de publicité foncière, dont le taux peut atteindre 5 % depuis la récente réforme, contre 4,50 % auparavant.
Les 10 % suivants représentent les émoluments, c’est-à-dire la rémunération propre du notaire pour son travail de rédaction d’acte, de vérification et de conseil. Les 10 % restants couvrent les débours : frais de cadastre, d’urbanisme, de publicité foncière et autres démarches administratives engagées pour votre dossier.
Barème réglementé des émoluments du notaire
La part qui revient directement au notaire environ 20 % du montant total des frais est strictement encadrée par un barème fixé par l’État. Ce barème progressif s’applique par tranches, comme le montre le tableau ci-dessus. Pour un bien compris entre 17 001 € et 60 000 €, le taux appliqué est de 1,064 %. Au-delà, le pourcentage diminue encore, ce qui rend les émoluments proportionnellement plus faibles sur les biens chers.
Ces taux sont applicables depuis le 1er janvier 2021 et ne peuvent pas être modifiés par le notaire, sauf cas spécifiques de négociation encadrée. Pour un logement ancien, comptez au total entre 7 % et 8 % du prix d’achat, tandis qu’un bien neuf se situe entre 2 % et 3 % grâce à des droits de mutation nettement réduits.
Comment réduire ou optimiser ses frais de notaire ?
Plusieurs leviers permettent de réduire légalement la facture. Le plus efficace consiste à déduire le prix du mobilier du prix de vente : les meubles sont exonérés de droits de mutation, avec un plafond de déduction de 5 % du prix total. Cette pratique, courante dans l’ancien, permet de diminuer la base taxable et donc les frais finaux.
Veillez également à ce que les frais d’agence soient mentionnés séparément dans le compromis, plutôt qu’inclus dans le prix du bien, un choix qui s’éclaire en comparant les méthodes d’estimation du notaire et de l’agence. Enfin, pour un achat sur plan, sachez que les frais sont naturellement plus faibles, autour de 2 % à 3 % du prix, contre 7 % à 8 % dans l’ancien. Une négociation des émoluments du notaire reste possible, dans les limites du barème réglementé.
Ce que doit payer le vendeur en plus des frais de notaire
Si l’acheteur assume la grande majorité des frais d’acquisition, le vendeur n’est pas pour autant exempté de certaines dépenses. Avant même de signer le compromis, il doit constituer un dossier de diagnostics techniques complet, puis régler plusieurs frais annexes lors de la finalisation de la vente. Ces coûts, bien distincts des frais de notaire, pèsent en moyenne pour plusieurs milliers d’euros dans le budget du vendeur.
Diagnostics immobiliers et dossier technique
Le vendeur a l’obligation de fournir un Dossier de Diagnostics Techniques (DDT) à l’acquéreur. Ce dossier regroupe généralement 9 évaluations obligatoires qui ont un coût non négligeable pour le propriétaire.
- DPE obligatoire : à réaliser avant toute mise en vente.
- Diagnostics électricité et gaz : vérification des installations intérieures.
- Amiante et plomb requis : recherche dans les constructions concernées.
- État des risques et pollution : localisation en zone à risque (inondation, sismicité).
Le coût total de ces diagnostics varie généralement entre 200 € et 800 € selon la taille du bien et le nombre de contrôles nécessaires. Cette dépense est entièrement à la charge du vendeur, qui doit fournir des documents datés de moins de 3 à 6 ans selon leur nature.
Frais annexes et fiscalité du vendeur
En plus du dossier technique, le vendeur doit faire face à d’autres obligations financières. S’il existe une hypothèque sur le bien, il devra payer les frais de mainlevée d’hypothèque. Il doit également régler une partie des charges de copropriété déjà votées mais non encore exigibles.
La charge la plus lourde reste cependant l’impôt sur la plus-value immobilière. Si le bien a été vendu à un prix supérieur à son prix d’achat, le vendeur est imposable sur la différence. Le taux de prélèvement est de 19 % au niveau national, auquel s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. Une exonération totale est toutefois possible après 30 ans de détention.
Enfin, pour une vente en copropriété, le vendeur doit fournir le carnet d’entretien et les procès-verbaux d’assemblée générale, documents généralement obtenus auprès du syndic, parfois avec des frais de gestion associés.
Frais de notaire dans l’ancien vs dans le neuf : quelles différences ?
| Type de bien | Taux des frais | Composition principale |
|---|---|---|
| Logement ancien | 7 % à 8 % | Droits de mutation élevés |
| Logement neuf | 2 % à 3 % | TVA à 20 % incluse |
L’écart de coût entre l’ancien et le neuf s’explique par un mécanisme simple. Dans l’ancien, les droits de mutation représentent environ 80 % du total des frais : le département prélève la taxe de publicité foncière, dont le taux maximal atteint 5 % depuis le 1er avril 2025 (contre 4,50 % auparavant), et la commune ajoute sa propre taxe additionnelle. Le vendeur ayant déjà payé la TVA lors de la construction, l’État se rattrape sur la revente.
Dans le neuf, la TVA à 20 % est intégrée directement dans le prix d’achat affiché par le promoteur. Les droits de mutation ne s’appliquent donc que sur une base très réduite, d’où des frais plafonnés à 2 % à 3 % du prix de vente.
Cette différence a un impact concret sur votre budget : pour un appartement ancien de 300 000 €, les frais atteignent entre 21 000 € et 24 000 €, contre seulement 6 000 € à 9 000 € pour le même montant en VEFA.
À noter : la hausse de la taxe de publicité foncière à 5 % ne s’applique pas aux primo-accédants dans la plupart des départements. Un achat dans le neuf reste donc particulièrement avantageux pour qui achète pour la première fois, avec des frais réduits et un bien couvert par les garanties décennales.
FAQ : Questions fréquentes sur les frais de notaire
Comment sont calculés les frais de notaire ?
Les frais de notaire se calculent principalement sur le prix de vente du bien. Ils comprennent les droits de mutation (environ 80% du total), les émoluments du notaire selon un barème réglementé et les débours. En moyenne, ils représentent 7 à 8% du prix dans l’ancien et 2 à 3% dans le neuf.
Le vendeur peut-il être amené à payer des frais de notaire ?
Oui, le vendeur peut payer des frais de notaire dans le cadre d’une vente “acte en main”. Dans cette configuration, le prix affiché inclut les frais, et le vendeur s’engage à régler les frais d’acquisition à la place de l’acquéreur, ce qui reste une pratique rare.
Comment diminuer les frais de notaire lors d’un achat ?
Pour diminuer les frais de notaire, vous pouvez négocier le prix du bien, car les frais sont proportionnels au montant de la vente. Vous pouvez aussi dissocier le prix du mobilier (créance mobilière) et comparer les émoluments du notaire, qui sont désormais libres pour les prestations annexes.
