DPE F ou G : travaux obligatoires, interdiction de location et aides 2025
Depuis 2025, les logements classés G sont exclus de la location.
- 600 000 logements G sont désormais non décents.
- Location possible sous condition de travaux sur 3 ans.
- Sursis de 5 ans pour copropriétés en rénovation globale.
- Objectif minimal : passer de G à E pour relouer.
- Isolation toiture/combles : priorité (30 % de déperditions).
- Gel des loyers maintenu tant que la classe n’est pas améliorée.
Interdiction de location des logements classés F et G : échéances et réglementation
| Classe DPE | Date d’interdiction | Logements concernés |
|---|---|---|
| G+ | 1er janvier 2023 | Nouveaux contrats de location |
| G | 1er janvier 2025 | Tous contrats, neufs et en cours |
| F | 2028 | Tous contrats, neufs et en cours |
| E | 2034 | Tous contrats, neufs et en cours |
Règles de non-décence et gel des loyers
Depuis le 24 août 2022, les logements classés F et G sont soumis au gel des loyers : aucune augmentation n’est possible, ni en cours de bail ni à la relocation. Cette mesure protège les locataires contre des hausses injustifiées dans des biens énergivores.
Les logements classés G sont désormais considérés comme non décents depuis le 1er janvier 2025. Concrètement, cela signifie qu’environ 600 000 logements G sont exclus de la location et que les propriétaires ne peuvent plus signer de nouveaux baux. Les locataires en place conservent leur logement, mais le propriétaire doit engager des travaux de rénovation pour remettre le bien en conformité.
La mesure 2026 : location F/G sous condition de travaux
Face à la difficulté de rénover rapidement certains biens, une nouvelle mesure assouplit temporairement l’interdiction. Les propriétaires de logements F ou G pourront continuer à louer à condition de s’engager sur un calendrier de travaux de 3 ans pour atteindre la classe E. Cette dérogation concerne environ 1,4 million de logements.
Pour les copropriétés engagées dans un projet de rénovation globale, un sursis supplémentaire de 5 ans peut être accordé. Cette disposition vise à éviter que des immeubles entiers ne soient retirés du parc locatif alors que des travaux d’ampleur sont déjà planifiés. Le locataire, lui, reste protégé : son loyer demeure gelé tant que la classe énergétique n’est pas améliorée.
Travaux de rénovation pour améliorer la classe énergétique : isolation, chauffage, menuiseries

Améliorer la classe énergétique d’un logement classé F ou G demande une stratégie claire. L’objectif minimal pour relouer un bien est de passer de la classe G à la classe E, soit un saut de 2 classes en 3 ans. Pour y parvenir, certains postes de travaux sont bien plus efficaces que d’autres.
– Isolation toiture et combles : c’est le chantier prioritaire. Les déperditions thermiques par le toit représentent jusqu’à 30 % des pertes totales d’un logement. Isoler les combles perdus ou aménager les rampants permet de réduire immédiatement les besoins en chauffage.
– Remplacement des fenêtres simple vitrage : les menuiseries anciennes sont responsables d’environ 15 % des déperditions thermiques. Installer du double ou triple vitrage améliore le confort et supprime les ponts thermiques au niveau des murs.
– Remplacement de la chaudière fioul : un équipement vétuste plombe la note énergétique. Opter pour une pompe à chaleur (PAC) ou un système biomasse divise la consommation et les émissions de CO₂. C’est souvent le levier le plus rapide pour sortir de la classe G.
– Pose d’une VMC performante : la ventilation mécanique contrôlée est un critère de performance intégré au DPE depuis 1982. Une VMC hygroréglable assure un renouvellement d’air optimal sans gaspiller la chaleur, ce qui compte dans le calcul final de l’étiquette.
Pour prioriser vos dépenses, commencez par l’isolation, puis traitez le système de chauffage. Ces deux postes représentent l’essentiel des gains possibles sur un DPE F ou G, bien avant les menuiseries si votre budget est limité.
Définition du DPE et des classes F et G : ce qu’il faut savoir avant de rénover
Le DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) est un document obligatoire pour toute vente ou location, pleinement opposable depuis le 1er juillet 2021, et valable 10 ans, tout comme la déclaration d’occupation du bien immobilier est une obligation annuelle. Il mesure la consommation d’énergie primaire (en kWh/m²/an) et les émissions de gaz à effet de serre (en kg CO2/m²/an), classant le logement de A (moins de 50 kWh/m²/an) à G (plus de 420 kWh/m²/an).
Un logement classé F consomme généralement autour de 271 kWh/m²/an (exemple : 52 kg CO2/m²/an), tandis que le seuil G+ fixe l’indécence à 450 kWh/m²/an. Pour les petites surfaces (moins de 40 m²), les seuils ont été adaptés depuis le 1er juillet 2024 afin d’éviter des classements injustes. Comprendre ces références vous permet d’identifier précisément l’ampleur des travaux nécessaires et de prioriser les actions les plus rentables.
Aides financières : MaPrimeRénov’, CEE, éco-PTZ pour financer votre rénovation
Face au coût souvent élevé des travaux de rénovation énergétique, plusieurs dispositifs permettent de réduire considérablement votre reste à charge. Voici les principales aides cumulables entre elles.
Avant de vous lancer, vérifiez aussi les conditions de votre contrat avec l’artisan ou le bureau d’études : certains prévoient des frais pour mettre fin au mandat en cas de changement de projet.
- MaPrimeRénov’ : subvention d’État phare, versée après travaux par l’Anah. Son montant varie selon vos revenus et le gain énergétique obtenu.
- Éco-PTZ : prêt à taux zéro jusqu’à 50 000 €, remboursable sur 20 ans, sans condition de ressources pour financer les travaux.
- CEE : les certificats d’économies d’énergie obligent les fournisseurs d’énergie à financer vos travaux, souvent via des primes au moment de la facture.
- TVA réduite à 5,5 % : appliquée directement sur les travaux d’amélioration énergétique dans les logements de plus de deux ans.
- Bonus sortie de passoire : majoration des barèmes MaPrimeRénov’ jusqu’à 30 % pour les logements classés F ou G. Un coup de pouce précieux pour franchir le cap.
- Aides locales : certaines régions ou métropoles proposent des subventions complémentaires. Renseignez-vous auprès de votre collectivité.
Un cumul stratégique pour réduire le reste à charge
Ces dispositifs se cumulent sans difficulté. Par exemple, un propriétaire d’un logement classé G peut cumuler MaPrimeRénov’, la prime CEE et l’éco-PTZ pour financer une isolation des combles et le remplacement d’une chaudière. L’objectif est de faire sortir le bien de la catégorie des passoires thermiques, avec une consommation qui doit passer sous la barre des 420 kWh/m²/an pour quitter la classe G.
Notez que ces aides sont conditionnées au recours à des artisans certifiés RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Pensez également à vérifier l’éligibilité de votre projet avant de signer tout devis, car les dossiers doivent être déposés avant le démarrage des travaux.
Impact du DPE sur la vente : audit énergétique obligatoire et décote du bien
Vendre un logement classé F ou G reste possible, mais l’opération implique des formalités et une décote. Depuis le 1er avril 2023, la vente d’un bien classé F ou G impose un audit énergétique réglementaire, distinct du DPE, à joindre aux documents de vente. Ce document détaille les scénarios de travaux pour améliorer la performance du logement.
Les passoires thermiques subissent une décote significative sur le marché. À l’inverse, les logements classés A ou B se vendent en moyenne 10 % plus chers, un écart qui reflète l’inquiétude des acheteurs face aux factures d’énergie. Pour un vendeur, la stratégie la plus rentable consiste souvent à réaliser les travaux prioritaires avant la mise en vente, afin de gagner une classe et de réduire cette décote.
Le DPE, valable 10 ans, doit afficher un numéro à 13 chiffres pour être considéré comme valide. Les acheteurs sont de plus en plus attentifs à cette étiquette, et un mauvais classement peut freiner la négociation. Un propriétaire bailleur qui vend un bien classé G doit également préciser que ces logements sont exclus de la location depuis le 1er janvier 2025, ce qui limite le bassin d’acheteurs potentiels.
FAQ : questions fréquentes sur les travaux obligatoires pour un DPE F ou G
Quelles sont les sanctions si je loue un logement classé G ?
Depuis janvier 2025, louer un logement classé G est interdit. Le propriétaire s’expose à une amende civile pouvant atteindre 5 000 euros, à l’annulation du bail et au remboursement des loyers perçus.
Puis-je augmenter le loyer d’une passoire thermique ?
Non, c’est interdit. Depuis août 2022, les logements classés F et G sont soumis au gel des loyers. Vous ne pouvez ni augmenter le loyer en cours de bail, ni pratiquer une hausse à la relocation.
Quels travaux sont réellement obligatoires pour sortir de la classe G ?
Les travaux obligatoires visent à atteindre la classe E minimum d’ici 2028. Ils concernent l’isolation des combles et murs, le remplacement du chauffage et de l’eau chaude sanitaire, ainsi que la ventilation.
